Editorial

De manière aussi bien individuelle que collective, nous vivons actuellement une période déterminante. Qu'ils soient historiens ou sociologues, ils nous l'affirment tous : la mutation qui s'opère depuis quelques années est une transformation de fond qui a des conséquences à tous les niveaux. Les arts, la mode et bien sûr la coiffure n'échappent pas au mouvement. Face à la situation, on trouvera des frileux qui préfèrent se replier sur ce qui les rassure ; on trouvera également tous ceux qui souhaitent s'inscrire dans la dynamique.

Dans la nouvelle édition de Kraemer Magazine, il est souvent question, tout à fait inconsciemment, de cette nécessité que d'aller vers l'avant. Des jeunes gens comme Margaux Lonnberg, à la fois bloggeuse, modiste et styliste, mais aussi d'autres personnalités plus expérimentées comme le Directeur Artistique du groupe Kraemer, Jean-Luc Lucas, nous renseignent : la communication atteint ses propres limites, et ce qui importe aujourd'hui, plus encore qu'hier, c'est l'affirmation d'une intention.

Le mouvement vient du bas, il est impulsé par ceux qui ne se positionnent plus uniquement en experts mais surtout en passionnés de ce qu'ils font, quels que soient leurs domaines de prédilection – quitte à mélanger tous ces domaines. Vous le constaterez, je me suis toujours opposé à l'uniformisation des pratiques et j'ai toujours cherché à libérer la créativité de chacun, parce que pour moi, créativité rime avec liberté. Cette liberté est même la condition nécessaire au plaisir de chacun. J'en ai toujours eu l'intime conviction, une intuition personnelle qui se confirme au quotidien au contact des créateurs d'aujourd'hui.

Yannick Kraemer